PlayStation 4 : date de sortie, line-up… et un comeback scellé en 21 secondes
La PS3 avait failli tout perdre. La PS4 a tout reconquis. Un prix agressif, une architecture pensée par et pour les développeurs, et un E3 2013 entré dans la légende : retour sur le lancement qui a humilié Microsoft, réconcilié Sony avec les joueurs — et propulsé 117 millions de consoles dans les foyers du monde entier.

PlayStation 4 : les dates de sortie
La leçon apprise
En 2013, la PlayStation 3 laisse derrière elle un bilan brutal : 3,3 milliards de dollars de pertes sur le matériel. Une avance abyssale concédée à la Wii et à la Xbox 360. Un prix de lancement devenu un mème mondial. Pour la PS4, Sony n’a pas le droit à l’erreur.
Le tournant commence dès 2008, quand Ken Kutaragi — « le père de la PlayStation » — quitte la présidence de Sony Computer Entertainment. Son successeur, Kaz Hirai, confie l’architecture de la future console à Mark Cerny, un vétéran de l’industrie passé par Naughty Dog, Insomniac et Cerny Games. Son mandat : concevoir une machine que les développeurs adoreraient programmer. Fini le cauchemar du Cell et de ses 8 cœurs SPE. La PS4 adopte une architecture x86 basée sur un APU AMD, avec 8 cœurs Jaguar et un GPU Radeon intégré. En clair : une console qui ressemble à un PC, simple à exploiter, et dont les kits de développement sont envoyés massivement dès 2012.
L’autre virage est tarifaire. La PS3 avait traumatisé les joueurs avec son tarif stratosphérique de 599 € — le plus élevé jamais demandé pour une console de salon. Cette fois, Sony ne veut pas dépasser la barre symbolique des 399 €. Pas de composant révolutionnaire hors de prix, pas de pari technologique risqué : une console puissante, accessible, pensée pour les joueurs. La mémoire vive passe à 8 Go de GDDR5 — un choix audacieux qui donne à la PS4 un avantage mesurable sur la Xbox One et ses 8 Go de DDR3. La manette DualShock 4 est repensée de fond en comble : pavé tactile, barre lumineuse, et surtout un nouveau bouton « Share » qui incarne la vision sociale de la console. Pour la première fois, partager une capture d’écran ou une vidéo de gameplay ne demande qu’une seule pression.
Sortie de la PS4 : chronologie d’un lancement entré dans la légende
21 secondes pour gagner une génération
E3 2013 : en l’espace d’une soirée, Sony va sceller le sort de toute une génération de consoles. Quelques jours avant le salon, Microsoft détaille les restrictions de la Xbox One : connexion obligatoire toutes les 24 heures, DRM sur les jeux physiques, impossibilité de prêter librement ses jeux. Le prix : 499 $ aux États-Unis, Kinect obligatoire inclus. La colère gronde sur les forums. Sony flaire l’opportunité. Andrew House, alors président de SCE, réécrit en urgence des passages de sa présentation. Sur scène, Jack Tretton confirme que la PS4 n’imposera aucune restriction sur les jeux d’occasion — la salle hurle. Puis Andrew House annonce le prix : 399 $, soit 100 $ de moins que la Xbox One. Le public explose. Vient alors le coup de grâce : une vidéo de 21 secondes où Shuhei Yoshida tend un jeu à Adam Boyes en souriant. C’est tout. Pas besoin d’Internet, pas de vérification, pas de DRM. La vidéo devient virale en quelques minutes. Une semaine plus tard, Microsoft fait marche arrière sur l’ensemble de ses restrictions. Mais le mal est fait : sans avoir vendu une seule console, Sony a déjà gagné la guerre.
Le line-up à la date de sortie de la PS4
Le bilan d’un règne sans partage
Là où la PS3 avait dû batailler 7 ans pour rattraper la Xbox 360, la PS4 a dominé sa génération du premier au dernier jour.. Avec plus de 117 millions d’unités vendues, elle est devenue la cinquième console la plus vendue de l’histoire — et la deuxième PlayStation, derrière l’intouchable PS2. Pour la première fois depuis l’an 2000, Sony régnait sans partage.
La PS4 a construit un catalogue d’exclusivités devenu la référence de l’industrie : Bloodborne, Uncharted 4, Horizon Zero Dawn, God of War, Marvel’s Spider-Man, The Last of Us Part II… Ces titres ont redéfini les standards du jeu d’action-aventure et justifié à eux seuls l’achat de la console. Plus d’un milliard de jeux ont été vendus sur la plateforme.
En confiant l’architecture à Mark Cerny et en privilégiant une conception « developer-first », Sony a posé un modèle repris pour la PS5. Fini les architectures exotiques : l’approche x86, l’écoute des studios et le prix agressif sont devenus la colonne vertébrale de la stratégie PlayStation pour les générations suivantes.
