RAMmageddon : pour la PS6 prévue en 2027, c'est l'impasse totale, et Sony n'a pas de plan B

Sony visait 2027 pour la PS6 — l'IA vient de lui voler tous ses fournisseurs de RAM
Publié le 8 août 2026

L‘IA a faim, et elle mange de la RAM au petit-déjeuner. Problème : c’est la même RAM dont Sony a besoin pour fabriquer la PS6. Et il n’en reste plus une seule barrette disponible avant 2028.

On l’appelle la « RAMpocalypse » ou parfois « RAMmageddon », et ce n’est plus une simple formule. DigiTimes rapporte que les trois géants mondiaux de la mémoire — Samsung, SK hynix et Micron — ont écoulé l’intégralité de leur capacité de production via des contrats de 3 à 5 ans, aspirés par la demande insatiable des data centers dédiés à l’intelligence artificielle. Sony, qui ciblait 2027 pour le lancement de la PS6, se retrouve sans fournisseur, sans stock et sans plan B évident.

RAMmageddon PS6

Crédit image : Sony

2027 : l’année où tout s’effondre

La situation n’est pas simplement tendue, elle est verrouillée. Selon le rapport de DigiTimes, les fabricants de mémoire ont signé des accords à long terme (LTA) de 3 à 5 ans avec leurs clients principaux, absorbant la totalité de leur capacité de production. Chaque barrette de RAM qui sortira des usines jusqu’en 2028 a déjà un propriétaire — et ce n’est pas Sony. Les allocations pour 2027 sont épuisées, et aucune marge de manœuvre n’existe pour accueillir un nouveau client de l’envergure d’un constructeur de consoles.

Le rapport va plus loin. Plusieurs figures de l’industrie de la mémoire estiment que « 2027 sera la période de pénurie la plus sévère », la capacité de production insuffisante de 2026 créant un déficit qui ne fera que s’aggraver l’année suivante. Le timing est d’une ironie cruelle pour PlayStation, qui visait précisément cette fenêtre pour devancer Xbox et son Project Helix. Au lieu de préparer une armée de consoles prêtes à envahir les rayons, Sony se retrouve face à un mur logistique sans précédent.

L’IA a tout dévoré (et les consoles paient l’addition)

Le coupable a un nom : l’intelligence artificielle. La course aux data centers a engendré une demande en mémoire que personne n’avait anticipée à cette échelle. Les géants de la tech — hyperscalers, constructeurs de serveurs, développeurs de modèles de langage — aspirent chaque composant disponible, reléguant l’industrie du jeu vidéo au rang de client secondaire. Et quand l’offre se raréfie, les prix explosent.

Les dégâts collatéraux sont déjà visibles. Le mois dernier, Valve a reconnu que la hausse des coûts de RAM l’avait empêché de tenir son prix de lancement de 750 $ pour la Steam Machine — et la facture pourrait encore grimper. Xbox a également augmenté le prix de ses consoles actuelles, directement impacté par cette flambée. L’ensemble de l’écosystème gaming subit les conséquences d’une guerre économique dans laquelle il n’a jamais eu voix au chapitre.

Voici les principaux effets de la pénurie sur l’industrie du jeu vidéo à ce stade :

PlayStation coincé entre trois fournisseurs en rupture

Le problème de Sony est aussi structurel que conjoncturel. Pour la PS5 Pro, le constructeur japonais s’appuie sur de la GDDR6 Samsung et de la DDR5 SK hynix. Pour la PS5 standard, c’est Micron qui fournit l’essentiel. PlayStation dépend donc des trois seuls fabricants mondiaux de mémoire — et les trois sont en rupture simultanée. Pas de quatrième option, pas de fournisseur alternatif capable de produire à cette échelle.

Sony a tenté de rassurer en déclarant disposer de suffisamment de RAM pour toutes les PS5 qu’elle prévoit de vendre cette année, notamment dans le contexte du lancement de GTA 6. Samsung, de son côté, prévoit que les pénuries se poursuivront au moins jusqu’en 2028. Le message est limpide : la génération actuelle est sécurisée, mais la suivante navigue en eaux troubles.

2028 ou jamais : le dilemme de Sony

Face à cette impasse, Sony dispose de peu de cartes à jouer. Première option, la plus probable : repousser la PS6 à 2028, quand les capacités de production commenceront à se débloquer. Mais attendre, c’est aussi risquer de laisser le champ libre à la concurrence et de perdre l’avantage d’un lancement anticipé face à Xbox. Deuxième piste, évoquée par certains analystes : commercialiser une console dotée de moins de RAM — un compromis technique qui pourrait amputer les performances et décevoir une base de joueurs habituée à des bonds générationnels.

Reste une troisième voie, plus radicale. Strauss Zelnick, le PDG de Take-Two, a récemment affirmé sa conviction que le streaming à faible latence serait opérationnel d’ici trois ans. « Avec l’avènement du streaming, des machines qui n’étaient pas des machines de jeu vont le devenir », a-t-il déclaré lors de la dernière conférence sur les résultats trimestriels. Selon lui, cette technologie pourrait « multiplier par dix l’install base effective ». Si cette prédiction se vérifie, les prévisions de prix pour la PS6 deviendraient un problème secondaire : pourquoi payer 800 € pour du hardware quand n’importe quel écran connecté fait l’affaire ?

La RAMpocalypse pose une question que l’industrie n’a jamais eu à affronter aussi frontalement : et si la prochaine génération de consoles était tout simplement la dernière ? Entre une PS6 trop tardive, trop chère ou techniquement bridée, Sony devra choisir son poison — à moins que le streaming ne lui offre une porte de sortie que personne n’envisageait il y a encore deux ans.

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Rédacteur en chef
Alexandre Kor a découvert le jeu vidéo avec le premier Mario Bros sur NES, et depuis, la passion ne l’a plus quitté. En tant que rédacteur en chef, il veille à la qualité éditoriale du site, garantissant une expérience de lecture enrichissante pour tous les visiteurs.

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