PlayStation 2 : date de sortie, line-up… et le cheval de Troie de Sony
La PS1 avait ouvert la porte. La PS2 l’a arrachée de ses gonds. Pénuries historiques, files d’attente interminables et le coup de génie du DVD : retour sur le lancement le plus ambitieux de l’histoire du jeu vidéo, région par région.

PlayStation 2 : les dates de sortie
Succéder à un monstre
En 1994 – date de sortie de la PlayStation 1 – Sony avait tout à prouver. En 2000, à l’approche du lancement de la PlayStation 2, la firme japonaise avait tout à perdre. Avec plus de 100 millions de PS1 vendues, la pression était immense : la PS2 devait non seulement succéder à un phénomène, mais le surpasser.
Le développement de la PlayStation 2 commence dès 1997, alors que la première PlayStation domine encore le marché. Ken Kutaragi, désormais surnommé le « père de la PlayStation », voit plus loin qu’une simple console de jeux. Sa vision : un centre de divertissement domestique capable de lire des DVD — un format alors en pleine explosion, dont les lecteurs autonomes restent hors de portée pour la plupart des foyers. Le pari est audacieux : en faisant de sa console le lecteur DVD le plus abordable du marché, Sony permet à la PS2 d’entrer dans des millions de foyers qui n’auraient jamais acheté une console de jeux. Pour beaucoup de familles, la PS2 est d’abord un lecteur de films. Les jeux viennent après.
La console est officiellement annoncée lors de l’E3 le 11 mai 1999, et son design noir monolithique est dévoilé au Tokyo Game Show en septembre 1999. Au cœur de la machine, l’Emotion Engine — un processeur 128 bits co-développé avec Toshiba, cadencé à 300 MHz — promet des performances inédites sur console. Côté rétrocompatibilité, une décision cruciale est prise : la machine peut lire l’intégralité du catalogue PS1, offrant dès la date de sortie de la PS2 un accès immédiat à des milliers de jeux. C’est un avantage compétitif dévastateur face à la Dreamcast de Sega, lancée un an plus tôt.
Sortie de la PS2 : 3 ans pour conquérir le monde
Le lecteur DVD à 299 $
Aux États-Unis, un lecteur DVD autonome coûte entre 400 et 700 $ en l’an 2000. La PlayStation 2 arrive à 299 $ — cent dollars de moins que le lecteur le moins cher du marché, avec en bonus la capacité de jouer à des jeux vidéo. En France, l’écart est moins spectaculaire : à 2 990 francs (456 €), la PS2 se situe au niveau des lecteurs DVD d’entrée de gamme — mais elle, en plus, elle joue à des jeux. Le calcul est vite fait. L’impact est immédiat : au Japon, la présence de la PS2 dans les foyers contribue à une hausse estimée de 250% des ventes de DVD. Pour des millions de familles, la PS2 n’est pas une console de jeux qui lit des DVD. C’est un lecteur DVD qui joue aussi à des jeux. Cette inversion de perception est le coup de génie de Ken Kutaragi — et l’arme secrète qui achèvera la Dreamcast de Sega
Le line-up du jour J, région par région
L’onde de choc PlayStation 2
En intégrant un lecteur DVD à un prix inférieur aux lecteurs autonomes, Sony a introduit la PS2 dans des millions de foyers qui n’auraient jamais acheté une console. Le jeu vidéo est devenu une norme domestique, pas une niche.
La PS2 pouvait lire la quasi-totalité des jeux PS1, offrant dès le premier jour un catalogue de plusieurs milliers de titres. Un avantage compétitif inédit qui a rendu la transition vers la nouvelle génération indolore pour les joueurs.
Console la plus vendue de tous les temps. Plus de 4 000 jeux, des franchises légendaires — GTA, Final Fantasy, God of War, Gran Turismo — et une production qui s’est poursuivie jusqu’en 2012, soit six ans après la date de sortie de la PS3.
